Mon expérience en tant qu’AESH

Après Marjorie, aujourd’hui c’est Audrey du blog maman attachiante et ses loustics  qui  parle de son parcours professionnel en tant qu’AESH.

Mon parcours professionnel en tant qu'aehs

Après maintes recherches d’emploi . Un bac +2 en poche, 10 ans d’expérience diverses et variés comme assistante de direction et jamais aucun CDI, j’ai décidé de me réorienter professionnellement. 

J’ai d’abord demandé un agrément, je voulais travailler avec les enfants. Être chez moi et pouvoir élever mon fils. Mais après deux années de chômage et de précarité, rester chez moi m’était devenu insupportable.

J'ai donc postulé comme AESH dans les écoles primaires.

AESH: accompagnant des élèves en situation de Handicap

J’ai rapidement été embauché pour un contrat CUI de 20 heures semaine, payée environ 760 € par mois.

Je choisissais mes horaires ce qui me laissait une belle amplitude pour amener et aller chercher mon fils chez la nounou ou à l’école. 

Ma première expérience d’AESH:Pierre

Mon premier élève était un enfant autiste en CM2. Il ne savait ni lire, ni écrire. 

Il avait avancé de classe en classe, le redoublement étant impossible. 

Les parents ayant finalement admis qu’à 12 ans leur fils était atteint de trouble autistique et non de timidité. 

J’ai essayé pendant un an de le faire avancer. Un lien s’est tissé entre nous. Il se confiait, son trouble ne l’a pas empêché de s’attacher à moi. Je ne le touchais pas respectant ses faiblesses. Je ne le fixais pas non plus. 

lien entre l'aesh et son élève

Il aimait beaucoup les dinosaures et les dessins animés que regardaient mon fils de 3 ans à l’époque alors je pouvais lui en parler. 

La maîtresse me donnait des exercices a lui faire faire les trois-quarts de l’année, puis elle a baissé les bras voyant qu’après 7 mois les simples voyelles n’étaient pas acquises. 

J’ai dû passer de longues matinées avec lui à jouer inlassablement aux mêmes jeux au fond de la classe.

 Ça a été une période difficile pour moi. La frustration de ne pas arriver à un résultat alors qu’il était là . Mais autrement. Cet enfant parlait, avait confiance en l’adulte et se sociabilisait. 

Par contre, il était jaloux, si un autre enfant me demandait de l’aide, il me rappelait à l’ordre. 

aesh en primaire

AESH épisode deux Louis et Paul.

Je suis restée dans le même établissement l’année d’après. Mais ce petit bout ayant trouvé une place en établissement spécialisé, j’ai été affecté à un multi DYS. (dyslexique, dyspraxie et dyscalculie) 

Un enfant qui manquait de confiance en lui. Avec des capacités, mais un manque de rigueur. 

L’année s’est passée sans aucun problème. Louis et sa maman m’ont remercié à la fin de l’année. Non pas de l’avoir fait progresser en flèche, mais de lui avoir redonné confiance en lui. C’est vraiment ce qui m’a touché. 

Dans un même temps, j’ai été affecté dans un autre établissement pour Paul, un enfant avec un retard mental .CE1 niveau moyen section de maternelle. Comme mon premier élève, passé de classe en classe, en attente de structure et la maîtresse ayant déjà 2 niveaux ne pouvait assurer une bonne prise en charge de cet enfant. 

On essayait des exercices, mais il ne comprenait pas les consignes et sa capacité de concentration était très limitée dans le temps. 

Je l’ai eu que quelques mois, car je suis partie en congé maternité avant la fin de l’année scolaire. 

Cette première expérience a duré deux ans.

 Avec les enfants on gère.

Ce n’est pas la même chose avec les adultes ,les professeurs. 

C’est un métier très solitaire. 

AESH le lien avec les professeurs.

La relation entre professeur et aehs

Les professeurs restent entre professeurs. 

Ils débordent sur nos fonctions, j’étais devenue la secrétaire d’une maîtresse. Allant faire 3, 4 photocopies par jour. Elle me demandait de laver la vaisselle après les anniversaires ou de plastifier ou couper des étiquettes pour ses futures rentrées. 

Ma situation était assez courante. Plusieurs collègues AEHS étant parties par manque de considération ou pour dépression. 

Changement de cap.

Après un bébé, un changement de département, un an de chômage et de multiples relances. J’ai finalement été reprise comme AEHS 28 h semaine dans deux établissements avec 4 élèves à charge. 

Une élève en 6e avec un retard (déchiffrant la lecture et ne comprenant pas les consignes). 

3 élèves en seconde. 

Quel choc de passé de CE1, CM2 à des lycéens en pleine crise hormonale. 

être aesh avec des lycéens

J’ai donc un élève ayant des troubles autistiques. (il m’a été présenté comme ça mais après 5 mois près de lui je ne vois pas son trouble) 

Un élève malentendant appareillé. 

Une élève dyslexique. 

Le plus gros de mon travail est la prise de note. 

J’ai pu faire mon emploi du temps seul. J’avoue que ça a été compliqué de concilier 10 h au collège et 18 h au lycée avec les emplois du temps de chacun. 

Notre métier marche, a l’affecte. Les enfants se confient beaucoup a nous. 

Leurs problèmes familiaux. 

Leurs envies pour le futur. 

Et avec les lycéens des questions plus personnelles et hormonales. Il faut savoir les canaliser. Tout en étant à leur écoute. 

 

Les avantages et inconvénients d’être AESH

Les avantages et inconvénients d'être aesh

Les points positifs de cet emploi:

La reconnaissance que l’on peut avoir de la part des enfants petits et grands. 

Réapprendre les bases. 

Et oui, on fera plusieurs fois, le CM2 ou la seconde.

Revenir sur les bancs de l’école et revoir les horribles théorèmes, équations. Qu’on aimait tant à l’époque. Oui oui je détestais les mathématiques et je suis toujours aussi perdue au lycée. 

J’espère que les élèves que je suis, n’iront pas en filière scientifique.

Nous avons également le droit à un pass éducation quand on est AESH (bon, j’attends toujours de le recevoir) c’est un pass permettant d’avoir la gratuité dans les musées, châteaux… 

Toutes les vacances scolaires qui me font faire des économies de nounou ou de garderie, ce qui n’est pas négligeable. 

Les points négatifs:

 Je dirais, la solitude qu’on peut ressentir dans un établissement quand on est seul AESH. 

Je mangeais dans ma voiture, car dans la salle des professeurs, j’étais invisible et personne ne me parlait, pourtant, je suis avenante. 

Beaucoup de mes collègues ressentent la même chose. Maintenant au lycée nous sommes 5 et nous mangeons ensemble suivant nos emplois du temps. 
Et bien connaître ses droits, car les professeurs ont tendance à nous demander des choses interdites … Donner des cours seul aux enfants, préparer des cours de soutien, nous faire faire le secrétariat. 

C’est non ! Ils ont les formations et la paie pour le faire. Nous non. 

Mais les formations nous préparent assez bien et on voit rapidement les dérives de certains établissements. 

J’espère vous avoir éclairé sur le sujet à travers mon témoignage.

mon expérience en tant qu' aesh dans une école primaire et collège
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